OU ALLONS NOUS ?
Par cette route où nous marchons depuis des temps si longtemps
sans demander à personne où elle mène ?
Tel va pour tenter la fortune, tel pour chasser le souci,
en quête de savoir, tel pour rentrer chez soi.
Nous allons faire toutes ces choses à la fois
nous allons retourner à l'évidence.
NE PROTESTE PAS contre ce que tu désapprouves. Passe-t-en.
Passe-toi de toutes les organisations industrielles, commerciales, officielles.
Si tu désapprouves le mensonge, quitte la ville.
Si tu désapprouves la banalité, ne lis pas le journal.
Si tu désapprouves la laideur du siècle, jette loin de toi ce qui vient d'une usine.
Si tu désapprouves la boucherie, cesse de manger de la viande.
Si tu désapprouves le bordel regarde toute femme comme ta mère.
Si tu désapprouves la guerre, ne serre jamais les poings.
Si tu désapprouves les contraintes de la misère, dépouille-toi librement.
Mais approuve pleinement ce qui te reste et l'apprécie.
FUIS LA VILLE si c'est l'être et la substance que tu cherches.
Crains de te frotter à ceux qui ne cherchent qu'à se fuir.
NOUS AVONS ÉTÉ TROMPÉS comme des nègres :
pour des jouets d'un sou, pour des bijoux de verre,
nous avons troqué notre or
QUE FONT-ELLES de nécessaire les villes ?
Font-elles le blé du pain qu'elles mangent ?
Font-elles la laine du drap qu'elles portent ?
Font-elles du lait ? Font-elles un oeuf ? Font-elles le fruit?
Elles font la boîte.
Elles font l'étiquette.
Elles font les prix.
Elles font la politique.
Elles font la réclame.
Elles font du bruit.
Elles nous ont ôté l'or de l'évidence, et l'ont perdu.
Lanza Del Vasto
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1. sylvielalouve Le 19/01/2009 à 12:28
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