A MA PETITE PRINCESSE

INTRODUCTION

ATTENTION !

Âmes sensibles, cette "Histoire Vraie" est d'une tristesse énorme!

Si vous ne vous sentez pas le courage de le lire, abstenez vous!!

Ma Pitchounette "Mélissa"

Je tiens tout d'abord à spécifier ici, que ce texte a été écrit par moi même, à l'époque du drame.

Il est donc au présent!

Depuis "nous" avons oublié les griefs que nous avions envers l'Hopital!

Aujourd'hui, est un autre jour!



Dans la vie, nous nous croyons tous, du moins, se l'imagine t'on, à l'abris de toute catastrophe qui pourrait survenir durant notre si courte vie.
C'est bien évidemment ce que nous supposions dans notre famille jusqu'à cette fameuse Année 2000 dont on a tant parlé dans les médias, mais qui pour nous, a été, et restera toujours, le début de la pire période de notre existence!
Nous demeurons dans un petit village, typique du sud de la France  se situant dans les Hauts Cantons de l'Hérault et portant le nom de: « Saint André de Sangonis ».
C'est un patelin très sympathique, en pleine campagne, au coeur du vignoble. Notre vie est, du moins je l'imagine, en tout point semblable à celle de la
 plus part de nos concitoyens. Mon épouse et moi-même nous sommes unis en 1990. De cette union (comme dit traditionnellement) sont nés trois enfants: Christcpher, Anthony et Mélissa; respectivement en 1991, 1994, et 1998. Notre maison est une petite villa située dans un quartier calme et agréable.
Donc, mis à part tout les petits tracas de la vie de tout les jours, tout allait bien! Mais c'était sans s'imaginer ce qui allait indiscutablement nous tomber sur la tête.
Le Samedi 7 Octobre 2000, alors que je me trouvais chez ma Mère pour lui faire quelques menus travaux, Angélique (mon épouse) m'appelle au téléphone pour m'apprendre que notre Médecin de famille avait estimé qu'il valait mieux emmener Mélissa aux Urgences à Montpellier, car il craignait une complication au niveau digestif. En effet, notre fille avait mal au ventre depuis plusieurs jours! Le Docteur lui avait donc prescrit les remèdes adéquats, en ce cas. Mais malgrés tout les traitements successifs, il n'a été constaté aucune amélioration. Notre Médecin estimant donc qu'il n'était plus dans ses compétences de faire un diagnostic précis sur l'état de santé de notre enfant, il prit la sage décision de nous la faire présenter au service des Urgences du Centre Hospitalier Universitaire « Lapeyronie ». Il émit cependant des réserves quand à l'origine des symptômes.
Je suis donc allé à l'Hôpital retrouver Angélique, Mélissa et les beaux frères et belles sœurs, où, au final, après une attente de prés de deux heures, le Médecin Chef du service des Urgences Pédiatriques, nous a affirmé que pour Mélissa, il n'y avait aucune crainte à avoir, et que tout allait rentrer dans l'ordre. On nous informa ensuite, que nous pouvions donc rentrer à notre domicile.
Hors, le lendemain, notre pitchounette se retrouva avec des douleurs insupportables au ventre, avec de la diarrhée, et quarante degrés de fièvre! Notre Médecin nous renvoya aux Urgences en prenant la précaution, cette fois ci, de faire un courrier très explicatif.
Et c'est là que commencèrent nos désillusions.


Des urgences, où, une fois de plus, il nous avait fallut attendre prés d'une heure trente avant de revoir le Médecin Chef, on nous emmena dans le service de Gastro-Entérologie (troubles de la digestion). Puis un Professeur vient nous voir, ausculte Mélissa, et décide d'attendre et de voir comment elle allait se comporter par la suite, tout en la laissant en stricte observation.
Nous étions donc le Dimanche 8 Octobre, et les jours qui suivirent furent pour nous une descente aux enfers. Le lendemain, Mélissa donnait déjà certains signes qui commencèrent à nous inquiéter. Elle ne souriait plus, la peau blanche comme neige, et une température de 41°... Ce Lundi là, nous avons eu l'honneur d'avoir la visite du Chef de Service, le Professeur « X »; Je ne citerai pas le nom de ce Médecin, vous devinerez, je pense, pourquoi, par la suite!). Puis les jours passent, Mardi, Mercredi, Jeudi 12 Octobre. Ce dernier jour, le Professeur est réapparu pour nous informer d'une manière plutôt brutale et sans doigté qu'il envisageait une endoscopie pour le Lundi suivant, de façon à savoir à quoi nous en tenir! Nous lui avons signalé notre inquiétude vis à vis de l'état de santé de notre fille, qui, à notre avis, se dégradait de plus en plus. Il nous a rétorqué qu'il ne fallait pas s'inquiéter, qu'il avait les choses bien en main, et que donc, nous pouvions compter sur son professionnalisme!
Entre temps, Mélissa ne mangeait plus, elle était prise de crises de vomissements à répétition, crachait des grosses glaires verdâtres, et avait perdu un quart de son poids d'origine. Angélique n'était pas du tout rassurée et il y avait de quoi! Moi non plus d'ailleurs! De plus, quelque chose, mais je ne savais pas quoi encore, quelque chose me trottait dans la tête.
Le lendemain,nous avons décidé que nous en avions assez d'attendre, et que nous ferions mieux d'aider Mélissa à s'échapper de ce lit à barreaux qu'elle n'avait pas quitté depuis cinq jours; non, bien sur, sans avoir demandé l'autorisation. Nous sommes donc allés nous promener dans les couloirs avec la poussette dans laquelle nous avions installé Mélissa avec sa perfusion. Nous avons supposé que cela lui faisait plaisir, car, elle voulait nous désigner les choses qu'elle voyait. Mais toujours pas de ce sourire rieur que nous lui connaissions; en fait, tout ceci avait été remplacé par quelques larmes qui coulaient sur ses petites joues. Ensuite, nous avons finalement regagné le service, et là, dans le couloir, j'ai décidé de faire marcher notre fille pour lui dégourdir les jambes. Je la pose donc à terre, puis elle exécute un pas, deux pas, et « Boum », elle tombe comme une poupée désarticulée! Nous nous retrouvons paniqués, face à un service hospitalier qui tente de nous faire comprendre que ce n'est pas grave, qu'ils ont l'habitude de ce genre de chose, qu'il faut que nous nous calmions et que nous recouchions notre fille. Effectivement, il ne nous restait plus qu'à obtempérer puisque notre petite fille ne ressemblait plus, dorénavant, qu'à un pantin désarticulé et muet.Et c'est là que nous avons « pété 'les plombs ». Lassés de voir souffrir notre enfant, nous avons demandé un scanner cérébral! Le même Professeur nous répond que cela n'en vaut pas la peine, et que notre petite guérira! Il a quand même fallut que nous nous mettions presque à genoux pour demander cet examen!! Finalement, le Professeur a cédé à notre demande et nous a dit: « Je vous envoi au scanner pour votre tranquillité! » (une phrase que nous n'oublierons jamais!)C'est à quatorze heures, ce Vendredi 13 Octobre, que la navette du CHU est venue nous chercher pour nous emmener à l'Hôpital « Gui de Chauliac », afin donc, de faire passer un scanner à Mélissa. Dans ce genre de circonstances, pleines d'idées saugrenues, vous traverse l'esprit. Pour ma partj'essayais de rester serein, mais au fond de moi subsistait un doute. J'étais certain que le Professeur se trompait, mais de là à imaginer ce qui allait nous tomber dessus! Dés que nous avons été sur place, aux alentours de 14H15, après une longue attente, (durant laquelle j'avais dut porter ma fille sur mes genoux, Angélique ayant du mal à retenir son anxiété), on nous appela enfin, et nous avons dut nous séparer de notre enfant. A cet instant, et avec un gros effort, Mélissa a réussi à crier « Maman ! » en pleurant de chaudes larmes. Ce qui a eu pour effet de nous mettre dans un état indescriptible. Ensuite, nous sommes retournés dans la salle d'attente avec regrets.
Une heure après, une aide soignante s'est présentée à nous et nous a informé que les Professeurs voulaient nous voir, Tout de suite, Angélique me dit: « Mais qu'est ce qu'ils nous veulent ?, Tu pense que c'est grave ? » et là, je ne sais que dire! Plutot que de mal m'exprimer, je préfère me taire et la laisser dans ses doutes, me sentant moi aussi, au bord des larmes. C'est à partir de cet instant que j'ai compris que quoi qu'il advienne, il faudrait que je contrôle mes réactions, mais aussi arriver à « gérer » celles de mon épouse (dans ces moments là, les nerfs sont à bout, et il faut éviter le plus possible de faire tomber la dernière goutte, celle qui fait déborder la coupe!).
Enfin, le Professeur Philippe Coubes s'est présenté à nous en tant que Neurochirurgien chef, ainsi que le Professeur Maher Mansour, son assistant. Et c'est là, qu'ils nous ont annoncé que Mélissa avait une lésion au Cervelet hémisphère droit! Et c'est tout! ; pas plus de détails pour l'instant, le scanner n'étant pas assez précis pour s'aventurer dans de plus amples renseignements. Puis l'on nous a invité à signer une décharge, donnant tout pouvoir au service de neurochirurgie de Saint Éloi ainsi qu'au CHU en son ensemble, afin de faire éviter le pire à Mélissa. Là, j'avais compris que nous pouvions nous attendre à entendre prochainement un mot, qui je pense, est l'un des plus durs à entendre! « LE CANCER ». Je pense qu'à ce moment là, Angélique devait y penser elle aussi. Nous avons donc signé ce formulaire, mais avec beaucoup de peine, que d'ailleurs nous avions du mal à contenir, et nos larmes mouillaient le papier. Les formalités administratives étant remplies, Mélissa a put passer un I.R.M (images à résonances magnétiques), afin de parfaire le diagnostic . Suite à cet examen, nous avons été convoqué en salle de réunion, où nous avons été surpris de voir autant de monde rien que pour Mélissa. On nous a expliqué la manière de lire les photos de l'IRM; La tête de notre fille a été découpée (au figuré bien sur!) de haut en bas, en tranche de un centimètre d'épaisseur, de manière à bien cerner les différents endroits susceptibles de contenir une anomalie. Première photo, rien d'anormal; second cliché, rien d'alarmant; troisième, quatrième, cinquième vue : R.A.S. Malheureusement, les photos suivantes présentaient pour les trois quart, l'apparition d'une grosse tâche noire! On nous expliqua que cela représentait une tumeur qui était, donc, d'une taille de dix centimètres, étant sur une dizaine de clichés. Mais une chose très urgente nécessitait une opération immédiate!
Une explication s'impose maintenant; elle n'est pas scientifique n'étant pas moi même expert en la matière. Le cerveau humain baigne en permanence dans un liquide appelé Liquide Céphalo Rachidien (L.C.R). Ce dernier est fabriqué dans notre tête, beigne le cerveau, et passe ensuite dans un genre de syphon afin de parcourir la colonne vertébrale et atteindre la moelle épinière. Mais voilà ! Le L.C.R de Mélissa ne pouvait plus circuler normalement car la tumeur obstruait le passage. Il fallait donc, de toute urgence, rétablir la circulation de ce liquide. le cerveau n'étant plus irrigué, mais prisonnier et compressé comme dans un étau. Il fallait faire vite, car d'après le professeur, cette situation était critique, car les dégradations neurologique envisageables en ce cas peuvent étre des blessures pouvant impliquer des handicaps (légères ou sévères), des hémorragies et autres... voir même un arrêt cardiaque et donc, le décès.
On nous a donc expliqué que Mélissa allait subir une première opération neurochirurgicale pour créer une sorte de déviation, de manière à ce que le liquide puisse passer par le syphon malgrés la présence de la tumeur.
Vu le visage du Professeur pendant ses explications, il était clair que cette opération était délicate, et, d'ailleurs, on nous avait bien prévenu des risques encourus. Et voilà notre « Petit Coeur » partit pour le Bloc, dans un état qui faisait peine à voir. Il nous fallut attendre prés de deux heures avant de voir enfin Mélissa de retour! Elle a été placée dans le service de soins intensifs, dans un boxe d'une dizaine de mètres carré, en attendant le premier rapport de Philippe Coubes. Enfin, il nous rejoint, et nous informe qu'il est nécessaire de repasser un IRM de façon à vérifier si tout se passe comme prévus.
Il me faut dire que nous serons éternellement reconnaissants envers l'équipe de neurochirurgie pédiatrique du CHU Gui de Chauliac de Montpellier.En effet, ces derniers, ont entouré notre enfant avec une très grande gentillesse, ils ont été très francs dans les moments les plus dur, et ils ont également une très grande conscience professionnelle. De plus, il essayent en permanence d'apporter de la gaieté, de la joie de vivre, de la compassion, et surtout, du réconfort. On ne peut être qu'admiratif de ce service, car quand on pense à toutes les responsabilités qui leur pèsent sur les épaules, il faut vraiment un courage exemplaire pour effectuer ce travail chaque jour. Il me faut dire également, que les parents d'enfants atteints de la même maladie que notre fille, ont offert au Professeur Coubes le plus beau des cadeaux; c'est un surnom qu'ils lui ont donné; et ce dernier est: « L'Homme aux Doigts d'Or ». Ce qui résume complètement ce que pensent les parents de cet homme si extraordinaire !
Bref, nous revoilà partit pour cet examen qui, vu l'urgence, fut passé rapidement. Mais hélas, les résultats n'étaient pas bon, du tout, du tout, du tout... En effet, nous expliqua Philippe, l'opération n'a pas réussie, et il va falloir, le plus vite possible, réopérer. Mais cette fois ci, la déviation du liquide céphalo rachidien se fera par voie externe par l'intermédiaire d'un drain (tuyau), et le LCR sera stocké dans une poche stérile. Cette fois ci, notre attente a dut être, si je me souviens bien, d'environ trois heures. En voyant nos chers professeurs arriver, nous nous sommes dit: « espérons que cette fois sera la bonne! ». Oui, mais avant de le savoir, RE.IRM!
Ouf ! Enfin une bonne nouvelle, l'opération a réussie. Mais quand Mélissa nous est réapparu, là, ça a été un choc! On aurait dit une momie, la tête recouverte d'une bande, du front jusqu'à la nuque, et un tuyau qui lui sortait de la tète. Mais visiblement, elle se sentait beaucoup mieux qu'auparavant. Ensuite, il a été décidé de prélever dans la poche un peu de liquide, à des fins d'analyses, de manière à vérifier si la tumeur était bénigne ou maligne. A propos, voilà un point à éclaircir, car beaucoup de monde se mélange les pinceaux dans ces termes médicaux! « Bénigne » signifie: absence de cancer (mais cependant, tout danger n'est pas écarté). « Maligne » signifie: Présence du cancer (et donc chimiothérapie nécessaire). Suite à l'examen, nous avons appris que cette fichue tumeur était maligne. Ce fut pour nous une annonce écrasante, et cette foi, ci il était bien là: « Le Cancer »!
Mélissa est ensuite retournée aux soins intensifs afin de se remettre de ses aventures, et de manière à la placer sous surveillance permanente. Il nous a été agréable de constater que les parents pouvaient rester au chevet de leur enfant durant la nuit. Il était affiché dans le service, que cette autorisation était un essai qui visait à démontrer clairement que la présence constante des parents avec l'enfant est un atout supplémentaire pour la guérison.
Il est prévu d'attendre un léger rétablissement de Mélissa, afin de pouvoir procéder à la chirurgie d'exérèse (ablation de la tumeur); mais malgrés une impression de mieux, notre fille continuait à s'affaiblir d'heure en heure. Mélissa ne parlait plus du tout, ne bougeait plus. Petit à petit, une paralysie du coté gauche était apparue, et cela nous faisait très peur, car à gauche nous sommes nous dit, il y a le cœur!
Finalement, Maher Mansour, l'assistant de Philippes, est venu nous voir, mais visiblement très embarrassé. Sans prononcer aucune parole, nous l'avons vu tourner en rond, se creuser la tête à trouver une solution, retourner voir ses confrères, revenir pour faire encore les cents pas en poussant des « Pff », d'un air` qui voulait dire: « Comment je vais m'y prendre pour leur annoncer cela ? ». Finalement, il finit par se décider, et s'adressa à nous en ces termes: « La situation dans laquelle se trouve Mélissa aujourd'hui est plutôt complexe et c'est pour cela que je vous demande de m'écouter attentivement. Mélissa est actuellement trop faible pour être opérée, et de ce fait, si nous tentions quoi que ce soit, elle n'y survivrai pas. D'un autre coté, si nous attendons ne serait ce qu'un léger rétablissement qui nous permettrait d'exécuter la chirurgie d'exérèse, ce serait prendre le risque que la tumeur prenne le dessus, et par là même, que la vie de votre fille touche à son terme. De sorte que maintenant un choix est à faire:
- soit on opère et on la perd,
- soit on attend et on la perd aussi! »
Alors là! ... j'ai bien cru.. . je ne savais plus quoi penser! Heureusement, Maher continua: « Mais il subsiste une solution comportant pas mal de risques, mais qui pourrait nous permettre d'attendre un rétablissement satisfaisant, et celle ci est de placer Mélissa en « Vie Artificielle  ». Autrement dit, dans ma tête, l'idée était de mettre un pied de ma fille dans la tombe! Mais tans pis, s'il fallait passer par là pour la sauver, et bien, il fallait le faire.


Ce fut donc entendu comme ça, et Mélissa fut transférée en Réanimation Pédiatrique au CHU Arnaud de Villeneuve.
C'est à partir de ce moment là, qu'il a été nécessaire de dévoiler la vérité à nos deux garçons, Christopher et Anthony. Cela n'a pas été sans mal. Nous leur avions vraiment tout caché jusqu'alors, en leur expliquant que leur petite soeur avait juste un problème à l'estomac, qu'elle allait guérir, et qu'ils la reverraient bientôt.
Hors tout cela devenait impossible à vivre., Il fallait rétablir la vérité au plus vite! D'une part, pour que les enfants puissent rendre visite à leur sœur sans être effrayés, et d'autre part, qu'il était devenu extrêmement pénible de leur mentir et de jouer la comédie. Je profite de cette parenthèse pour remercier tout les membres de notre grande famille pour leur aide (entre autre, de la garde des garçons), pour leur réconfort et tout le bien qu'ils ont bien voulu nous apporter. Donc, après de longues et délicates explications, Christopher à manifesté sa très grande tristesse à travers la colère envers des parents qui lui avaient raconté des sornettes. Anthony, lui, s'est effondré en larmes. C'était là, pour eux, une dure nouvelle, mais, nous savions que dés à présent, ils allaient pouvoir se rendrent utiles auprès de leur soeur, qui d'ailleurs, les réclamait depuis longtemps.
Nous avons donc put aller rendre visite à Mélissa en compagnie des garçons, tout en les prévenant qu'il ne pourront la voir qu'au travers d'une vitre. Ils nous ont répondu : « Et on pourra lui parler ? »; notre réponse a bien entendu été négative.
Nous nous sommes donc rendu au chevet de notre chère petite, accompagnés de quelques membres de notre famille, et Angélique et moi, sommes rentrés dans le box pour faire un gros bisous à notre petit cceur.

Angélique s'est approchée la première, lui a murmuré quelques mots de tendresse, puis voyant qu'elle ne pouvait plus contenir ses larmes, s'est retirée. Je me suis alors avancé, et sans vraiment le vouloir, je me suis entendu lui dire:
« Mélissa! C'est Maman et Papa! On est là pur que tu guérisse. On est là pour se battre avec toi contre cette méchante maladie! Et On t'Aime! ». Dés cet instant, son cœur s'est mis à battre la chamade! Je me suis donc éclipsé pour son bien. Mais pour moi, cette accélération cardiaque voulait Dire: « Oui, Papa, j'ai compris, je me battrais jusqu'au bout; je vous aime moi aussi! ».
Cette période a sûrement été la plus difficile jusqu'à maintenant pour nous, puisqu'il était interdit de rester au chevet de son enfant trop longtemps, et l'on ne pouvait pas donc, y rester la nuit. C'était très dur, le soir, de rentrer à la maison sans savoir ce qui pouvait bien se passer là bas, à Montpellier. Mélissa est restée ainsi durant trois longs jours, ce qui lui a permis de se « regonfler ». Ensuite, elle a été renvoyé au CHU Gui de Chauliac en vue de subir la « Grande Intervention » qui devrait la sauver. Mais elle est restée un certain temps dans les soins intensifs de manière à choisir l'heure « H ». Entre-temps, Mélissa avait perdu l'usage de tout ses muscles coté gauche. Cela nous faisait peur, car comme tout le monde le sait, en général, le cœur se trouve à gauche dans notre corps! Et si le coeur venait à s'arrêter ?.
Puis arriva enfin le 17 Octobre 2000, jour où il fut décidé d'opérer Mélissa. Ce qu'il a encore été dur de laisser partir notre Princesse, sans savoir si nous la retrouverions vivante! Les Presseurs nous avaient bien prévenu des risques encourus, qui d'après eux, étaient malheureusement plus fréquents que ce que nous supposions. Il arrive souvent, en effet, que l'opération soit interrompue suite à une défaillance cardiaque. Dans ce cas, une seule partie de la tumeur est enlevée, puis on transfère la malade en réanimation et l'on prévoit une seconde opération dans le futur, pour terminer le travail. C'est bien pour dire, que nous pouvions nous faire un « sang d'ancre »! D'autant plus que l'intervention à duré huit heures trente, et que nous avons passé le temps à fumer cigarettes sur cigarettes, café sur café, et à marcher en tout sens. Pour ma part, j'ai marché en rond durant donc 8H30!
Tout à coup, nous avons vu Maher Mansour, sortir du bloc, se tourner vers nous, et nous avons eu le bonheur de voir un grand sourire sur son visage, et même, lorsque nous nous sommes approchés de lui, nous avons put deviner une petite larme de joie. Et ce dernier nous annonça: « L'opération s'est très bien déroulée, c'est même étonnant qu'il n'y est pas eu de complications mis à part un saignement important, mais franchement il est rare que cela se passe aussi bien! » Alors là, on aurait bien eu envie de l'embrasser! Nous avions donc gagné, ainsi que Mélissa bien sur, une bataille, mais nous n'avions pas encore gagné la guerre.
En attendant que Mélissa se remette de son opération, et que son cerveau reprenne possession de toutes ses capacités, elle a été placé en surveillance stricte dans les soins intensifs avec nous à ses cotés.
Et là, nous avons eu une idée. Nous avons demandé, dans le service exceptionnellement, que les frères de Mélissa puissent venir la voir; normalement cela n'est pas autorisé! L'aide soignante est donc allé demander au chef de Service qui a accepté de suite. Nous avons donc téléphoné à Saint André, et, dans l'heure qui a suivie, nos deux garçons étaient là, tout heureux de pouvoir enfin voir leur petite sœur qui leur manquait tellement. Il faut vous dire que jusqu'alors, Mélissa n'avait fait aucun effort pour se remettre rapidement. Nous n'avions constaté que très peu d'amélioration de son état suite à l'intervention. Mais dés que Mélissa a sentit la présence de ses frères à ses cotés, comme par magie, elle a commencé à faire des gestes, a essayé de parler, puis, petit à petit, s'est complètement remise de ses aventures. Christopher et Anthony étaient heureux, ils sentaient vraiment qu'ils avaient aidé leur sœur à se battre.
La nuit suivante, il nous est arrivé dans ce même service, quelque chose d'inattendue, et même incroyable! J'étais tranquillement au coté de ma fille, alors qu'elle dormait profondément (et heureusement d'ailleurs) lorsque le tuyau d'approvisionnement en eau de la climatisation se rompit et nous nous retrouvions alors avec les chutes du Niagara dans le service! Panique à bord! Dix centimètres d'eau au sol! Seulement une infirmière, une aide soignante et une surveillante à l'étage et trois ou quatre parents! Nous nous sommes tous donné la main, et nous avons écopé durant plus d'une heure le service. Nous faisions la chaine, à travers le couloir principal, le premier ramassait, passait au voisin, jusqu'au dernier maillon , qui, quand à lui, jetait le tout dans les W.C. Tout ce qui nous tombait sous la main servait à ramasser l'eau, qui d'ailleurs, continuait à tomber. Puis une odeur de plastique brûlé a fait son apparition, ce qui nous a permis de nous rendre compte que l'eau tombait sur une armoire électrique! Finalement, les services techniques sont finalement arrivés, et l'eau s'est enfin arrêtée de tomber. Bien entendu, il n'y avait plus d'électricité dans le service! Heureusement que les différents appareils médicaux nécessaires à ce dernier pour la surveillance des patients, sont tous munis de batteries! Ensuite, c'est donc l'électricité qui a refait son apparition, et c'est heureux, car les batteries commençaient à donner des signes de fatigue. Nous nous souviendrons longtemps de cette « aventure »! Depuis cette époque, je tiens à signaler que des efforts ont été fait, et que le service, dans son entier, a été changé d'étage, avec, nous l'espérons plus de sécurité.

Par la suite, Mélissa étant « complètement » remise de son opération, le transfert vers le CHU Arnaud de Villeneuve a put être planifié pour que notre fille puisse suivre sa première cure de chimiothérapie.


Avant de passer à la suite, nous tenons à remercier le Service de Neurochirurgie Pédiatri., que en son ensemble, pour sa gentillesse, sa compréhen+ sion, son soutient, sa franchise, son professionnalisme,
sa sincérité, mais surtout pour l'apport de tendresse envers des enfants gravement malade. Nous remercions également et plus particulièrement les Professeurs dont le Dr Maher Mansour ainsi que le Dr Philippes Coubes, Chef de Clinique, qui pour nous, a sauvé Mélissa, et mérite bien le surnom que lui ont donné les parents: « L'Homme aux Doigts d'Or ».

Et nous voilà maintenant de nouveau au CHU Arnaud de Villeneuve, mais en de meilleures circonstances, puisque Mélissa va beaucoup-mieux, qu'elle recommence à marcher, à parler, et à s'amuser. Bien sûr, durant toute la période de chimiothérapie, nous aurons des hauts et des bas, mais le plus dur est fait.
Il me faut vous dire que jusqu'à présent, j'écrivais ce "livre" d'après mes souvenirs, mais les évènements futurs ayant changé de tournure, je me vois contraint d'écourter quelque peu la première partie de mon récit.
Donc, notre fille a suivi plusieurs chimiothérapie à intervalles réguliers, avec mis en place d'une gastrostomie, Mélissa ne voulant et ne pouvant pas manger par voie orale. Nous avons eu droit aux clowns, à la musique à la salle de jeux, au dessin, et papa et maman faisaient les cobayes pour le maquillage!
J'allais oublier une chose qui me paraît importante à dire!
Durant l'hospitalisation de Mélissa, il y avait dans le service d'hémato - oncologie pédiatrique (traitement du cancer chez l'enfant) un enfant s'appelant « Quentin », qui allait fêter son anniversaire. Tout le monde lui signa donc un petit mot gentil sur une feuille de papier. Mais il s'est produit une chose à laquelle on ne s'attendait pas. En effet, un beau matin, Quentin fait le tour de l'étage accompagné de son papa, qui était quand à lui, chargé d'un énorme carton. Dans ce carton il y avait plein d'Écureuils en Peluche. Et chaque enfant du service eu droit à l'un d'entre eux! Pourquoi ? Me direz vous; tout simplement par ce que ce cadeaux voulait dire: « Tu vois, je suis aussi gravement malade que toi, et aujourd'hui, jour de mon anniversaire, je suis-encore là, et je suis heureux d'y être arrivé. Je vais continuer à me.battre jusqu'à mon prochain anniversaire. Je te donne ce cadeaux pour te donner la force de te battre et d'arriver comme moi, à ton anniversaire!. Ce soir là, nous avons fait la fête avec Quentin, son papa, les autres enfants et leur parents ainsi bien sur que Mélissa. Nous avons mangé des gâteaux, bu du Cola, fait la Fête avec pleins de cotillons. Puis vers 21 Heures nous sommes allé nous coucher. Personne ne savait encore que Quentin allait malheureusement nous quitter cette nuit là. C'est au matin, alors que je sortais de la chambre de ma fille, qui était encore endormie, que je n'est pu que constater l'absence de Quentin, et les aides soignantes qui désinfectaient la chambre avec un air que nous connaissons trop bien. Donc, depuis, cet Écureuil en peluche à pour nous une valeur inestimable, qui plus tard donnera naissance à une chose que nous n'aurions jamais cru devoir créer.Finalement, en Janvier 2002, lors de notre entretient avec le Professeur Philippes Coubes, ce dernier nous annonce la fin des soins pour Mélissa, sans oublier de nous informer qu'il fallait encore attendre trois ans pour être « sûr » de sa totale guérison. Enfin, notre puce était, non pas sauvée, mais déjà délivrée de tous les impératifs médicaux. Nous sommes donc rentrés à 1a maison, le coeur plein de joie de l'avoir à nouveau parmis nous! Il est vrai que lorsque l'on a traversé ce type de mésaventure, le jour où l'on sait que tout cela n'est plus que du passé, et bien, on se sent tout léger, délivré, soulagé, mais néanmoins épuisé.

FIN 1 ère Partie

A partir de cette époque, c'est à dire au mois de Janvier 2002, notre vie a retrouvé son cours normal, Mélissa n'ayant plus de chimiothérapie à faire, mais juste quelques contrôles tout les six mois. Enfin nous respirions en attendant tout de même l'année 2005, période où l'on nous annoncerait officiellement la guérison de Mélissa. Cette dernière, a donc repris le chemin de la maison dans une très bonne ambiance puisque tout le monde était soulagé, dé stressé,...
Une vie plus normale s'installa donc, et notre fille put reprendre ses vieilles habitudes, ses jeux, ses occupations, l'école, et sa nourriture préférée (charcuterie, tous les fromages, et le sel!). Puis les beaux jours sont arrivés, nous avons alors acheté une petite piscine pour Mélissa, car nous savions qu'elle appréciait beaucoup de se jeter à l'eau! Elle s'amusa comme une folle durant ces beaux jours du mois de Juillet. Mais un jour, nous nous sommes aperçus que notre petite princesse commençait à avoir des bleus sur le corps! Nous ne nous en sommes pas inquiétés immédiatement, puisque notre Médecin de Famille nous avait dit que c'était chose courante chez certaines personnes, et que même son fils avait souvent ces mêmes traces! Nous avons donc supposé que tel était le cas de Mélissa, et en sommes resté là. Hors, plus le temps passait, et plus le nombre d'hématomes augmentait.
Le Vendredi 23 Août, nous avons considéré que ces symptômes ne faisaient qu'empirer , leur nombre augmentant de jour en jour, et cela devenant de plus en plus inquiétant, nous en avons avisé notre Médecin. Par prudence, et sur notre demande, ce dernier a remplit une ordonnance pour une prise de sang pour contrôle. Suite à, cette dernière, le laboratoire nous a indiqué qu'il était nécessaire d'hospitaliser notre fille de toute urgence, car elle risquait une hémorragie interne, ses plaquettes étant au plus bas.
Mélissa a donc été hospitalisée ce jour là dans l'urgence. Le soir, il lui a été fait une prise de sang de onze éprouvettes au service d'hémato oncologie pédiatrique. Suite à cet examen, il a été constaté un nombre disproportionné de globules blancs par rapport au nombre de globules rouges. Des plaquettes ont donc été commandées en urgence. Ces dernières lui ont été transfasée,tard dans la nuit. Mélissa ce soir là, a eu du mal à s'endormir. Le Samedi 24 Août, par précaution, il a été décidé d'effectuer un prélèvement de moelle osseuse (myélogramme), dans le but de déterminer s'il s'agit d'un simple virus ou, au pire des cas, d'une leucémie; ce qui d'ailleurs, au vus des résultats des examens, nous a été confirmé à 18HI5. En effet, il s'agissait d'une leucémie Myéloblastique dé niveau 5.
Je reprends la « plume » aujourd'hui, Jeudi 5 Septembre, après une bonne semaine passée au coté de ma fille. Mélissa est depuis une semaine, donc, au service des hyper protégés. La chimiothérapie a débutée tout à fait
dans le bon sens et tout se déroule comme prévu. Nous sommes toutefois surpris par la résistance de notre fille, qui, malgrés le fait qu'elle soit totalement en aplasie (absence totale de défenses immunitaires), est complètement alerte, joue à l'ordinateur, (mis à sa disposition par l'association « La Clé »), joue également au Docteur, et réclame à corps et à cris qu'on lui fournisse des pansements, des perfusions (sans aiguille bien sur!, des gants stériles.... pour jouer avec ses poupées quand ce n'est pas Maman ou Papa qui servent de cobayes! Donc, du coté psychologique, Mélissa se porte très bien. Mais pour nous, les parents, le moral en a pris un coup!
Donc, le bilan actuel est le suivant: Mélissa encaisse très bien le traitement. Un peu de température aujourd'hui, mais rien d'inquiétant, ce sera réglé avec des antibiotiques.. Nous avions fait des prises de sang, Angélique, Christopher, Anthony et moi même, afin de vérifier notre compatibilité avec Mélissa, dans le but d'une greffe de moelle osseuse. Hélas, aucun de nous n'était compatible. Une recherche de donneurs volontaires a donc été lancée sur le fichier Européen, Américain et Canadien des donneurs de moelle osseuse. Que dire de plus pour l'instant Nous nous sommes organisé pour qu'il y ait toujours quelqu'un auprès de Mélissa en cas de besoin. Angélique reste avec elle la journée, moi également mais par intermittence, car je reste avec ma fille tard le soir, jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Ensuite-, généralement vers minuit, je rentre à la maison des parents de l'Association « La Clé » située en face de l'Hôpital, où sont accueillit les parents d'enfants atteints de cancer pour la modique somme de huit Euro par jour.
A ce propos, nous ne remercierons jamais assez cette Association, présidée par Mme Galzy, qui donc possède une maison pour les parents souhaitant rester le plus prés possible de leur enfant, mais aussi qui permet aux enfants d'avoir gratuitement la télévision dans leur chambre d'Hôpital ainsi qu'un magnétoscope et un ordinateur, et qui apporte, si nécessaire, chaleur et réconfort; Merci encore !
Pour nous, comme pour notre fille, cette nouvelle expérience est d'autant plus dure à vivre que nous avons déjà vécu des choses similaires dans un passé très proche. Nous nous demandons: « Mais pourquoi nous ? Pourquoi encore nous ? ». On peut tout à fait concevoir d'avoir un cas de cancer dans notre famille; mais de là à découvrir un autre cancer dans la même année, et qui plus est, sur la même personne, à savoir, notre fille! On peut vraiment se poser des questions!
Nous retiendrons, cependant, certains griefs envers le service des Hyper protégé.
La seconde hospitalisation de notre fille, a coïncidé avec le changement de l'équipe de ce service. Au début, tout allait bien; nous avions face à nous des professionnels , parlant français, et connaissant parfaitement notre fille et ses antécédents. Puis, sans que nous en soyons prévenus à l'avance, l'équipe a été profondément modifiée. Nous avons donc perdu nos points de repères vis à vis de ce service car nous ne savions plus à qui nous adresser, en cas de problèmes où de questions que nous nous posions. Dans l'ancienne équipe, nous savions à qui nous adresser, et nous n'avions aucun problème relationnel. Par contre, les nouveaux membres du personnel n'étaient absolument pas communicatifs, et, aucune demande de notre part n'a été prise en compte; et un en particulier 1 En effet, si je séjournais à la maison des parents, c'était bien évidemment pour que le service puisse me joindre en cas de problèmes. Mais malgrés tout les problèmes justement, qu'a eu notre fille, à aucun moment nous n'avons été prévenus, et je me suis permis pour ma part, d'en faire la réflexion à l'interne de garde (qui avait l'air de n'y attacher aucune importance!). Nous considérons donc, hélas, que dans ce service, la Charte du Patient et de l'Enfant Hospitalisé, est malheureusement bafouée.



Nous sommes aujourd'hui le Mercredi 11 Septembre, Métissa a terminé sa première chimio depuis une semaine, mais elle commence à perdre le moral. De plus, ce n'est pas la grande forme malgrés ce que l'on pourrait croire en la voyant. Elle se retrouve maintenant avec des champignons à la gorge et au vagin. Elle mange très peu, et son état de santé nous préoccupe de plus en plus. Il lui a été fait cet après midi un myélogramme afin de déterminer l'état réel dans lequel elle se trouve. Hier, Mélissa était très énervée, il a été décidé de lui administrer un calmant sous forme de sirop. J'espère que nous n'aurons pas trop souvent recours à ce type de prescription, qui, je pense, peut être néfaste pour le rétablissement optimum de notre fille.
Dans le même laps de temps, nous avons démarré le recherche active de donneurs de moelle au niveau de la France par campagne d'affichage, de presse, et nous avions même prévu de faire un appel à la télévision. Il est vrai que le laboratoire d'Immunologie de l'Hôpital. Saint Éloi, dont la responsable pour le secteur de moelle osseuse est Madame le Docteur Andary, recherche déjà dans une liste Européenne, Américaine et Canadienne. Mais nous nous sommes dit que plus le nombre de donneurs sera grand, plus nous aurons de chances d'en trouver un de compatible avec notre fille. Ce qui est incroyable, c'est que si l'on arrive à trouver 5000 donneurs volontaires, cela ne représentera pour nous, que 1 % de chances supplémentaires de trouver la personne compatible! Ce qu'il faut également savoir, et hélas, trop peu de gens en sont informés, c'est que le prélèvement de moelle osseuse n'est en aucun cas une grosse opération, elle se déroule d'une manière très simple: On ponctionne au donneur, par une série de piqûres, sous anesthésie générale, une partie de sa moelle osseuse au niveau du haut de sa hanche, dans l'os iliaque. Mais ce n'est en aucun cas tel que vous avez pu l'entendre raconter. Suite à cette ponction, 'On demande au donneur de rester deux jours en hospitalisation pour sa propre sécurité, le temps pour sa moelle de se régénérer. Il va de soi, que tout les frais sont pris en charge par l'Hôpital où se déroulera le don, et la CPAM prend en charge les jours non travaillés du donneur, tout comme s'il s'agissait d'un accident du travail. Il n'y a donc pas de perte de salaire durant toute la phase du don.
Je reprends l'écriture ce jour, Jeudi 19 Septembre avec de très bonnes nouvelles. Le Laboratoire d'immunologie a trouvé plusieurs donneurs compatibles avec Mélissa! Nous attendons donc, une greffe très prochainement. Il faut tout de même, au préalable, que Mélissa sorte de son aplasie totale dans laquelle elle se trouve actuellement, et toujours en chambre stérile. Notre fille va plutôt bien en de pareilles circonstances, elle garde le moral malgrés son enfermement qui dure depuis presque un mois. Bien sur, elle a perdue tout ses cheveux, et n'a pas d'appétit car elle a toujours soin champignon à la gorge, et de toute manière, on ne peut pas dire que la nourriture soit bonne dans nos Hôpitaux; la preuve en est; rare sont les enfants qui daignent y goûter!
Aujourd'hui, Samedi 28, nous ne savons plus où nous en sommes exactement. Comme Mélissa n'arrivait plus à remonter de son aplasie, il lui a été prescrit un médicament (le granucit) qui devrait, d'après les médecins, la sortir de cette situation; mais l'administration de ce produit peut également engendrer le risque d'une accélération de fabrication de cellules cancéreuses. Il est vrai que ce remède a vite fait remonté Mélissa de son aplasie, tout du moins au démarrage. D'un nombre de 200 globules blancs au départ, elle se retrouve maintenant avec 800 de ces derniers en quelques jours! Mais autre chose nous préoccupe Pour l'instant; ses rythmes cardiaques vont en s'accélérant, et arrivent presque à 190 pulsations par minute! Et une saturation (taux d'oxygène dans le sang) de 79 %, ce qui est peu. D'ailleurs, l'apparition de ce problème n'a commencé qu'hier soir vers minuit. Alors que je venais de rentrer à1a maison des parents, Angélique m'appelle au téléphone et me dit que la petite est réveillée, et que les membres du service vont lui faire passer une radio. Je me suis donc précipité à l'hôpital, très énervé, car j'estime avoir le droit d'être informé de tout problème nécessitant ma présence auprès de mon enfant. Lors de mon arrivée, j'ai croisé l'interne de garde, et lui ai fait part de mon mécontentement. Il m'a répondu d'une manière qui voulait dire: « Je sais que vous êtes énervé, mais calmez vous, nous maîtrisons parfaitement la situation. » Mais que penser lorsque l'on voit son enfant enfermé depuis plus d'un mois, dans une chambre, branché à des tas d'appareils (pompe à perfusion, surveillance cardiaque, saturation...) et qu'en plus on lui rajoute un apport en oxygène! Évidemment, c'est pour son bien! Mais ne pourrait il pas y avoir moyen de moderniser ce service? Une nouvelle génération d'appareillage s'impose d'après moi, qui pourrait apporter un mieux être chez l'enfant, en limitant, par exemple, ou en regroupant vers un même endroit tout les câbles, les fils, et tuyaux nécessaires. Comment voulez vous, lorsque l'enfant vous le demande, le descendre de son lit afin qu'il puisse marcher un peu autour de ce dernier? Cela est quasiment impossible, l'enfant étant raccordé aux différents appareils de tout les cotés!
Bref, en attendant, Mélissa avait toujours le coeur en train de battre comme celui d'un nouveau né, et une saturation quelque peu catastrophique. De plus, la première radio ayant échouée, il fallut en passer une seconde. Cela s'est fait sans trop de complications étant donné qu'il avait été décidé, vu son énervement, de lui donner un calmant. Mais quel ne fut pas mon étonnement de voir, que pour rentrer la radio dans la chambre, l'équipe du service avait ouvert les deux portes du SAS, alors que l'on nous recommandait vigoureusement de ne les ouvrir que l'une après l'autre pour éviter que des microbes pénètrent dans la chambre; c'est vraiment scandaleux! On nous dit que c'est dangereux pour la santé de l'enfant, mais lorsque les parents ne sont plus là pour le voir, les membres du personnel prenne le gauche! Voilà un point à retenir pour la fin de ce récit! Suite à tout cela, Mélissa s'étant rendormie, j'ai informé Angélique de la suite des évènements, et suis rentré me coucher à deux heures du matin.


Et donc, nous voilà le lendemain, et très fatigué de ma nuit, je me suis rendu derrière la vitre de la chambre de ma fille, et l'ai trouvé assise dans le fauteuil, en train de surveiller assidûment les aides soignantes en train de lui ranger et nettoyer sa chambre . Puis ce fut la toilette sur le lit, qui d'ailleurs, ne devait pas être très agréable, car Mélissa frissonnait.
Ensuite, Angélique est arrivée, mais hélas, elle ne pouvait pas rentrer dans la chambre, car elle était malade. Elle en a informé Mélissa par l'intermédiaire de l'interphone. Nous avons été étonné de la réponse de notre fille: « Ce n'est pas grave Maman; soigne toi et après tu pourras à nouveau rentrer dans ma chambre! ».Ace moment là, nous n'avions toujours pas les résultats des radios de la nuit passée, et nous appréhendions de les connaître. Étant très fatigué, et voulant me changer les idées, je suis rentré à la maison.Vers midi, mon épouse m'appelle pour me dire qu'elle a vu le professeur, et que cette dernière l'a Informé qu'il ne fal ait pas avoir peur de ces accélérations cardiaques, le « granucit » permettant la remontée d'aplasie en étant la cause.
Cette nouvelle nous a un peu apaisé, surtout qu'il est prévu que Mélissa puisse sortir durant quatre jours à compter de Mardi prochain. Mélissa, ce jour là, devrait complètement être sortit de son aplasie et sevrée de tout produit. Nous profiterons de cette sortie, très courte, pour lui %ter son anniversaire à l'avance, car ce jour là, le 19 Octobre, elle sera de nouveau à l'hôpital. Cette évasion passagère du milieu médical, va être, nous l'espérons, très bénéfique pour Mélissa et ses frères, et nous pourrons à nouveau, mais d'une manière très courte, reprendre une « pseudo » vie de famille.


Ca y est! Nous voilà à la maison avec notre fille. Elle est ravie de retrouver toute sa famille, sa nouvelle chambre que son « Papounet »lui a rénové avec beaucoup d'Amour, ainsi que ses nouveaux jouets (ayant été obligé de jeter les anciens pour éviter tout risque microbien). Nous venons d'être informé par téléphone que le dernier myélogramme de Mélissa a révélé une absence totale de blastes (cellules cancéreuses) dans la moelle osseuse; C'est un grand soulagement que d'entendre une si bonne nouvelle! En effet, cela peut nous permettre d'espérer que la prochaine cure de chimiothérapie se passe dans de meilleures conditions que la précédente.
Aujourd'Hui, Mercredi, nous avons fêté son anniversaire avec ses frères, cousins et cousines, ainsi que son fiancé « Yannick ». Mélissa est aux Anges!


Non seulement elle retrouve sa famille en son entier, mais en plus de ça, on fait une fête à tout casser! Maman a préparé des gâteaux, des bonbons, des boissons,... Et plein de ballons gonflés au plafond du salon! Dommage qu'il pleuve à torrent, les enfants ne pourront pas profiter du jardin. Bref, nous pensons que cette journée restera gravée dans la mémoire de notre petite fille.
Cependant, nous avons un peu peur de la journée de demain, car il est nécessaire de faire passer une prise de sang à Mélisse, afin de contrôler si son volume de plaquettes est normal. Rendez vous a donc été pris avec le laboratoire de Clermont l'Hérault-ce même jour à huit heures. Lorsque nous avons appris cela à Mélissa, elle nous a immédiatement rétorqué qu'il ne fallait pas y compter, et qu'elle n'irait pas! Dans ce même laps de temps, elle nous pique une colère et va s'asseoir au pied de l'escalier, comme toujours lorsqu'elle est fâchée! Nous verrons bien ce qui se passera demain, mais tout de manière, il faudra bien qu'elle y passe. Dans le cas où il lui manquerait ces fameuses plaquettes, suite à l'examen, il nous faudra monter à l'hôpital au service de jour, .afin de .transfuser ces dernières à notre fille. Lorsque nous avons vu Mélisse réagir de cette manière quand à retourner dans un milieu médical, une inquiétude a commencé à faire son apparition; que va t'elle faire Lundi prochain quand nous allons la ramener dans le service des Hyper protégés? Ce sera la surprise!
Le lendemain, nous avons donc fait croire à Mélisse que nous allions ns nous promener, et sommes partis en direction du laboratoire. Finalement, tout s'est bien passé, et notre fille a même reçue -un diplôm e de prise de sang!
Puis notre pitchounette a continué à profiter pleinement de son séjour à la maison. Elle s'est amusée comme une folle dans sa chambre, qui d'ailleurs, se remplissait peu à peu de nouveaux jouets, étant donné la Taille de notre famille, ainsi que le grand nombre d'anis que nous avons, et qui manifestent ainsi, leur bonheur de voir Mélisse en « bonne santé ».
La semaine de liberté passe très vite, et nous voilà déjà Samedi 12 Octobre, et il ne reste plus qu'un jour et demi avant que Mélisse ne retrouve sa chambre au service des Hyper protégés. Angélique et moi, avons décidé qu'avant de réintégrer Mélisse dans sa chambre, nous demanderions à lui faire passer une radio des jambes. En effet, durant notre séjour à la maison, nous avions constaté que Mélisse avait de la peine à marcher, et se plaignait souvent de douleurs aux genoux. Nous avonségalement pensé qu'il serait peut être nécessaire de faire multiplier les visites du kinésithérapeute -au chever de notre fille.
Le courage nous manque, quand au retour à l'hôpital; Nous n'avons pas envie de remettre Mélissa dans la voiture! Ce que c'est dur!!!Mais il va bien falloir s'y résoudre, pour le bien de Mélisse. Et nous nous disons qu'après tout, nous ne partons que pour six semaines dont deux de chimiothérapie, puis une semaine de préparation à la greffe, puis la greffe elle même,et enfin, une ou deux semaines en observation. N'empêche que tout ceci va largement nous amener après les -fêtes de fin d'Année.
Nous voilà de retour au service des hyper protégés. Nous sommes aujourd'hui le Samedi 19 Octobre, jour de l'anniversaire de Mélissa! Cette dernière a eu droit à quelques cadeaux de la part de l'hôpital, et bien sur, un goûter d'anniversaire et les gâteaux. Elle est en forme malgrés une température souvent élevée dut à la chimiothérapie. Nous voilà donc partit pour la deuxième période de ce dur traitement, qui d'ailleurs, commence sérieusement à la fatiguer. Que dire de plus pour l'instant ? Rien, sauf que j'ai pus enfin rencontrer Madame Andary, responsable du secteur de don de moelle osseuse au laboratoire d'immunologie de l'Hôpital Saint Éloi. Cette dernière a bien voulu accéder à ma demande, à savoir, m'aider dans la création d'une Association pour le don de moelle osseuse, chez nous, à Saint André de Sangonis. Elle participera donc, activement, à la réunion d'information que nous avons prévu pour le 30 Janvier 2003.
Nous voilà le 22 Octobre, Mélissa va bien, sa descente en aplasie progresse normalement, et donc, pour l'instant, tout se déroule comme prévu initialement.
Voilà aujourd'hui un certain temps que je n'ai pas repris la plume. Nous sommes déjà le 3 Novembre, et depuis, nous avons eu de bonnes nouvelles.

En effet, le donneur Officiel pour Mélissa est un jeune Américain, et deux internes du service de pédiatrie partiront à la mi décembre aux « States» afin d'aller chercher cette précieuse moelle. En attendant, notre fille se porte bien, et malgrés son état d'absence de défenses immunitaires, elle est pleine de vie et s'amuse avec tout ses jouets. Elle continue à avoir pas mal de visites, avec en plus, le ler Novembre, de voir passer des fantômes dans le couloir, et pas mal de monstres! Mais là, Mélissa a eu la trouille de sa vie, et , nous avons dut leur demander de partir.

 


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Commentaire (1)

1. aguilar Le 11/03/2010 à 15:15

boulversant on ressent un amour !!!!!!!!!!!!!!!! c'est fou bravo d'avoir ce don d'écriture
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Dernière mise à jour de cette page le 13/01/2010
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